Bulletin d’août / septembre 2019

Pensées sur la sadhana PANCHAGNI

Swami Niranjanananda Saraswati


« Le Pashupata Astra Yajna fait partie de la sadhana Panchagni. Chaque année quand je termine la sadhana panchagni, ce yajna est réalisé. Cette association émane de la première tradition spirituelle qui a évolué dans le monde : « la tradition Pashupata dont l’enseignant est Lord Shiva lui-même »


Il y a 5 aspects dans la tradition Pashupata : Pashupata darshana ; la philosophie de Pashupata : Pashupata sampradaya, la communauté de ceux qui suivent la tradition Pashupata ; Pashupata Yoga, les pratiques de yoga pour atteindre l’état de Pashupata ; panchagni sadhana ; et Pashupata Astra Yajna. Donc, il est pertinent qu’à la conclusion de la sadhana Panchagni ce yajna soit réalisé.

C’est la quatrième année du yajna et la cinquième année de panchagni. Cela a été la plus difficile année de la sadhana, car elle a duré 5 mois jusqu’en juin.  Assis entre 4 feux au mois de juin, avec le 5è feu du soleil, la matière grise de la tête commence à bouillir. Aujourd’hui, la température dans le panchagni vedi est montée à 72°. Mon corps s’est ajusté jusqu’à 65°, où je me sens confortable, juste comme vous êtes confortable à 30°. Après 65°, je commence à sentir des étincelles de chaleur. J’utilise le mot étincelle, parce qu’il y a le sentiment la sensation d’étincelles à travers le corps entier, comme de l’électricité statique. Peut être c’est la sensation du sang qui bout, parce que panchagni fait que tout bout : la matière grise, le sang, les eaux dans le corps, chaque chose. Donc après 70°, cela devient inconfortable. Néanmoins, je suis sûr qu’avec la pratique cela passera. J’ai été capable d’aller jusqu’à 66° peut être que l’année prochaine je peux aller à 70°, l’année d’après 80° etc, jusqu’à ce que je déborde dans l’univers.

Les aides

La sadhana de panchagni, ou autre austérité de ce genre, n’est pas une simple affaire. Si quelqu’un doit pratiquer l’austérité dans une forêt, comme les yogis avaient l’habitude de le faire dans le passé, alors combien de temps ils passeraient en tapasya ? Le matin pour le petit déjeuner, ils cherchent des baies et des noisettes, puis du bois pour allumer le feu, puis ils organisent le déjeuner en gardant un œil sur le lait. Ainsi, il n’est pas facile de faire les austérités seul. Donc, je remercie et j’ai de la gratitude pour les sannyasins ici qui m’ont assisté pour la sadhana. Ils viennent et préparent tout, et quand j’arrive le feu flambe et je n’ai qu’à m’asseoir. Ainsi le temps passé à la préparation, je le passe en panchagni. De cette façon, je peux passer le maximum d’heures pour panchagni, plus que les yogis avaient la possibilité de faire dans le passé dans leur routine. Peut être, ils étaient capables de faire panchagni pendant 2 ou 3 heures, tandis que je suis capable de le faire pendant 8 heures. C’est seulement possible grâce à l’aide que je reçois.

Cette année, j’ai fait ma propre nourriture comme la tradition de panchagni le demande dans la 5è année. Mais un de mes amis de Goa a décidé d’être là pour les 5 mois et m’a aidé pour les préparations, et ainsi j’ai gagné du temps. La nourriture est très simple, des légumes bouillis, ou du kichari, ou des légumes sautés, ou des pommes de terre sautées, sans huile, sans masala. Pendant 5 mois, j’ai une diète absolument sans masala.

Quand Sri Swamiji faisait la sadhana panchagni, Sri KK Goenka qui est présent aujourd’hui, avait l’habitude de lui envoyer des légumes et des fruits chaque semaine. Cette année, spontanément, la fille de KK Goenka, spontanément a commencé à envoyer des légumes et des fruits chaque semaine, et cela aussi a été une aide, puisqu’en été le marché de Munger est plutôt sec et avoir quelques légumes et fruits de bonne qualité durant cette période intense est une grande aide. De cette façon, j’ai beaucoup été aidé dans cette sadhana et je leur en suis reconnaissant. C’est grâce à leur aide que j’ai été capable de finir avec succès la sadhana de panchagni.

La Grâce d’en Haut

Naturellement, il faut se rappeler de l’aide reçue d’en Haut, l’aide du Guru et de Dieu. Sans leur aide et la grâce, cela ne serait pas possible. Et comment aident-ils ?  Vous en serez surpris. Janvier, février, mars, il n’y avait  pas de problème, le temps était parfait : frais. En avril, le vent chaud a commencé à souffler, et c’était tolérable. Le mois de mai, la chaleur a commencé à atteindre 66° et c’est quand chaque lundi, mardi et mercredi il a commencé à pleuvoir. Ainsi, chaque semaine, les 3 premiers jours de panchagni étaient frais, et les derniers 2 jours jeudi et vendredi, étaient ensoleillés avec la température et l’humidité qui montaient en flèche. C’était comme si Dieu avait dit «  je t’ai donné 3 jours de frais, maintenant endures 2 jours de chaleur ». Vint le mois de juin, le matin était clair et l’après midi, juste quand je soufflais    et jouais du damaru pour terminer panchagni pour la journée, la pluie a commencé à tomber. Il y a eu une tempête chaque après midi, les sannyasins ont été  témoin de cela.

C’était le schéma jusqu’à hier. Guruji a dit aujourd’hui « Okay, j’ai fait ma part. Maintenant Shivaji est là et ainsi il décide ce qui est approprié pour toi ». Alors aujourd’hui, il ne pleut pas. Définitivement, il y a eu coopération de tous les côtés, humain et cosmique à la fois.

Pas de tolérance, mais l’équilibre

Ce que j’ai réalisé c’est que la partie importante de panchagni ne tolère pas la chaleur mais l’équilibre de la chaleur. Vous pouvez tolérer quelque chose seulement jusqu’à un point, au-delà vous ne pouvez pas, le corps se rebellera. Donc ne pensez jamais que je tolère la chaleur pendant panchagni. C’est faux, je ne tolère pas la chaleur. J’équilibre la chaleur.

Comment la chaleur est équilibrée ?  En utilisant son antidote. Quel est l’antidote du feu ? L’eau. Le feu et l’eau vont ensemble. Dans les Vedas, il y a un hymne, Apas Sukta, l’hymne de l’eau. Concernant l’eau, il dit «  tu es celui qui peut équilibrer le feu ». Tu n’éteins pas le feu ni le repousses, tu équilibres le feu. C’est une compréhension importante.

Si tu dois contrôler le feu, tu jettes de l’eau dessus. Cependant, si tu jettes seulement un peu d’eau, le feu ne s’éteindra pas. Il baissera pendant un petit moment et à nouveau les flammes s’élèveront. Si tu mets plus d’eau, ça éteindra le feu, mais la fumée rendra ta vie intolérable. Donc, tu as besoin de la juste quantité d’eau pour assurer que le feu soit équilibré. Avec panchagni, l’on doit pratiquer la sadhana apas (de l’eau), aussi. Les deux doivent être ensemble. Panchagni seul tuera une personne en moins d’une semaine, en séchant le corps complètement ; c’est l’eau qui équilibre le feu.

Pour l’environnement, Dieu a aidé à équilibrer le feu. Physiquement, les sannyasins aidaient à équilibrer le feu en donnant les liquides suffisants. Chaque demie heure, du liquide doit aller dans le feu. C’est le liquide qui équilibre les effets du feu.

10 juin 2017 – Pashupata Asta Yajna, Satyam Udyan